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La réalisation de la Chute du Pouget se concrétisa à la suite de
la Seconde Guerre Mondiale car tout était à reconstruire. Le Lévézou
concentrait toutes les caractéristiques nécessaires à son implantation. En
1946, le projet fut classé d'urgence publique dans le cadre du Plan Marshall
qui prévoyait notamment l'électrification du pays.
Mais celui-ci ne se fit pas sans heurts puisque sa création
nécessité l'expropriation d'exploitants agricoles dont certaines terres
devaient être immergées. Une association de défense vit le jour sur le Lévézou
avec à sa tête le maire de Pont-de-Salars. Après moult discussions tripartites
(Etat, EDF et association), un accord fut signé à Matignon prévoyant notamment
une indemnisation pour chacun.
Les travaux commencèrent aux alentours de 1947 avec la
construction simultanée des retenues des 5 lacs : Pont-de-Salars, Gourde, Bage,
Pareloup, Villefranche-de-Panat, Saint Amans ainsi que la conduite forcée du
Pouget. Le travail a été confié à une importante société de travaux public de
l'époque, l'entreprise Ballot qui amena avec elle de nombreux ouvriers (environ
4000) qui se tuèrent à la tâche jour après jour pendant toute la période. Cet
apport massif de population ne fut pas sans conséquence et en particulier dans
le paysage puisqu'il fallut prévoir des constructions pour héberger tout ce
monde : 70 cités dortoirs et 240 pavillons. A Villefranche-de-Panat et ses
environs, on peut voir encore ces traces du passé : cités du Bruel et de Saint
Louis. Pour construire les galeries qui relieront les différents lacs,
l'entreprise Ballot a du utiliser des explosifs en quantité qui furent
entreposés dans des dépôts surveillés jour et nuit. Les risques éventuels du
chantier ont permis la création de centre de secours comme à Villefranche après
un décret de 1949. Afin de relier les différents sites, un système de
téléphérique a été mis en place depuis la Vallée du Tarn jusqu'à Pont-de-Salars
selon un circuit fermé. Les matériaux en pierre remontés du Truel par wagonnets
étaient qualibrés à la gare de trillage de Villefranche (Le Mayrac) avant de
repartir plus au Nord. Ensuite, ces même wagonnets revenaient remplis de ciment
nécessaire sur chacun des chantiers.Le travail fut alors rythmé sans
interruption pendant 7 ans par une sirène qui ne cessa qu'en 1954 au départ des
derniers ouvriers. A Villefranche, les travaux furent terminés dès 1952. |